Quelques explications

Avant de commencer l’écriture de mon roman, j’avais dans la tronche cette pensée de Schopenhauer : « Le destin mêle les cartes et nous jouons. » (Phrase prononcée lors d’un débat sur la macroéconomie en Oural à la réunion annuelle des chasseurs de marcassins teutons). Schopenhauer ne faisait que penser. Il ne s’occupait de rien d’autre. L’été, parfois il arrosait le jardin ; mais il fallait que sa femme crie beaucoup avant qu’il se saisisse d’un tuyau. Donc, je me suis mis à écrire. J’ai travaillé durement pendant de nombreux mois (même le soir du réveillon de Noël, parce que je n’aime pas la buche de ma belle-mère qui un goût intra-utérin). Au départ, je savais quand même où je voulais aller (en gros). Je n’ai pas trop transpiré ; de toute façon j’ai un bon spray. Ce que je souhaitais, c’était raconter une sorte de comédie romantique. Je ne voulais absolument pas faire un truc genre Le Parrain ou Apocalypse Now (mis à part le cric et les œuvres complètes de Colette dans la Pléiade, j’ai horreur des armes). Une comédie romantique, douce et joyeuse. Au fur et à mesure, je montrais les pages à mon amie Hélène. Je lui demandais : « Tu trouves ça romantique ? » « Oui, si tu prends du Prozac avant de lire, tu peux trouver ça romantique ! » C’était mon désir absolu, que ce soit romantique. Alors, j’ai lu des poèmes de Ronsard et de Du Bellay pour m’inspirer de leur hypersensibilité. Enfin, j’ai surtout lu des résumés de leurs poèmes. Au bout de trois mois, mon roman prenait forme. J’étais content ; je me suis fait blanchir les dents pour que mon sourire ne ressemble pas à un tremblement de terre en Californie. Je n’ai jamais écrit de roman avant celui-là. A 12 ans, j’ai écrit mes mémoires ; deux pages illustrées. Il faut être un peu brindezingue pour se lancer dans l’écriture d’un roman. C’est long, c’est compliqué et on doit avoir du vocabulaire. Bien sûr, j’ai mis beaucoup de moi dans ce roman. Le personnage principal est habillé comme moi ; même les chaussettes. C’est très impudique. L’autre personnage principal, c’est la femme. L’épouse du « héros ». Est-ce que je me suis servi des particularités de ma propre femme pour dépeindre cette femme ? Oui et non. C’est certain, cette femme a la poitrine opulente de ma femme. Mais bon, je l’ai un peu transformée. Si quelqu’un qui connaît notre couple lit mon roman, il n’identifiera pas vraiment ma femme. En conclusion, c’est un roman, et un roman n’est pas une photo. Schopenhauer, lui-même, ne mettait pas sa femme dans ses bouquins. Un jour, il a écrit : « Les femmes sont comme les miroirs, elles réfléchissent mais ne pense pas ! » Et sa femme l’a très mal encaissé, elle a mis de l’huile de foie de morue dans sa purée de carottes (et le soir, il a fait ceinture !).
Lorsque j’ai eu achevé mon roman, j’étais splendidement satisfait. Pour une fois, j’avais réussi quelque chose ! D’accord, je fais des tomates farcies qui épatent tout le monde (y compris Cyril Lignac qui a un poster de moi dans ses toilettes). Mais un roman, c’est l’Everest ! Voilà, j’ai gravi l’Everest, et l’Annapurna en suivant. Si on ne pas prend en compte mon hypocondrie et ma bouffonnerie caractérielle, on peut dire que je suis un type formidable. Vous pouvez me prendre en photo ; ce ne sera pas forcément négatif.



 

La Joconde n’est pas la Joconde. A partir de ça, on peut se demander ce qui est vrai et ce qui est faux. Premièrement : est-ce que j’existe vraiment ? Il y a quelques éléments qui prouvent que OUI. Hier, j’ai eu chaud, et j’ai fait l’amour avec ma femme. Donc, oui. Je sais, c’est audacieux de prétendre ça, mais quand même. La problématique, c’est que je n’ai aucune réponse d’un éditeur au sujet de mon roman. Pourtant, je l’ai écrit ce roman ! (Ma femme appelle ça « ma période noire » ; faisant suite à « ma période sépulcrale » et à «ma période tout me fait chier ».) Van Gogh peignait, en ne s’arrêtant que pour boire ou pisser. Il y avait un gros tas de tableaux dans sa maison jaune. Les acheteurs ne se bousculaient pas. Mais les tableaux étaient vraiment là. Et il y avait même des tournesols à l’extérieur. Nous savons que Van Gogh était un être humain, vaguement barbu et souffrant de saturnisme. « Ce n’est qu’un gros malade ! En plus, ses oreilles ressemblent à des planches de surf ! » disait son ami Gauguin.

 

Il est à souligner que Van Goh était très en avance par rapport à Gauguin : il a eu la syphilis avant lui !

 

Je voudrais que le monde sache que je suis vivant. D’accord, je ne suis pas sportif, j’ai une conversation très limités sur les kangourous et je peux dire des saloperies sur Juliette Binoche pendant deux heures. Mais j’ai écrit un roman, ça confirme que je suis vivant !

 

Donc, il fait beau, il y a du soleil. Edouard, mon toutou chéri, est dans le jardin. Je fume un cigare. Je vais prendre un café. Et j’ai envie de ne rien foutre ; ce qui démontre ma totale capacité à être un humain ordinaire.

 

« L’homme n’aura jamais la perfection du cheval » a noté Spinoza dans son livre «Tout est bon dans l’écrevisse ». Je n’ai pas l’intention de devenir un cheval. Hennir, c’est moins sympa que de dire des conneries.  


 

Il y a une vie après la mort !

 

Ouais, il y a une vie après la mort.

 

Attention, ce n’est pas religieux.

Moi, je suis nul en religieux, j’ai raté l’examen d’évêque à l’écrit.

 

Et puis, je ne parle pas d’une vie heureuse, cool, genre une suite à l’hôtel Carlton avec une femme de chambre.

 

Non, c’est un autre genre de vie.

 

Ce que je veux dire c’est que ceux qui mourront d’une hépatite B entreront dans les statistiques de l’hépatite B. Ceux qui mourront en s’étouffant en mangeant un corbeau ou un violoniste de l’orchestre philarmonique  entreront dans les statistiques des morts qui ne savent pas bouffer correctement. Et ceux qui mourront en tombant du lit entreront dans statistiques des mecs qui dorment avec des filles trop volubiles. Ou avec une meute de labradors, c’est pareil !

 

Donc, voilà, après la mort, il y a les statistiques ! Le cimetière et les statistiques ! Le cimetière a quand même beaucoup plus de fleurs !

 

On fait des statistiques sur tout. Sur tous les sujets, y compris les filles brunes. Les brunes sont fières de leurs cheveux parce qu’ils sont assortis à leur moustache ! Et elles se rasent sous les bras pour pouvoir lire l’heure !

 

Et nous, on veut vraiment entrer dans les statistiques pour avoir une vie après la mort. Et il y a des statistiques dans la vie aussi. Moi, je voudrais être riche, célèbre et couvert de femmes. Ça, c’est à peu près un mec sur un million. En comptant les dictateurs et leur beau-frère. Alors qu’est-ce qu’il y a comme solution ? Eh bien, je peux devenir pilote de F1, chanteur de rock, copain de Karl Lagerfeld, otage en Afghanistan… Je ne suis pas décidé encore. Pour l’instant, je suis dans les statistiques de ceux qui ne savent pas ce qu’ils vont faire dans la vie et qui ont une mère qui leur dit « bouge ton cul au lieu de te gratter les couilles sur le canapé ! ».

 

Et je suis aussi dans les statistiques de ceux qui lisent les statistiques.

 

Deux mecs sont dans un bateau, il y en a un qui tombe à l’eau. Statistiquement, le bateau était pourri, et surtout celui qui est tombé à l’eau n’avait qu’à s’assoir au fond et ne plus bouger. Moi quand je monte sur un bateau, je mets des palmes, un gilet de sauvetage, un bonnet et j’emmène une corde, une balise Argos et des boîtes de sardines. Statistiquement, je suis moche !

 

Je sais, on n’est pas obligé d’être dans les statistiques. Mais on y est quand même. C’est comme ça, on ne peut pas faire autrement. Si tu ne veux pas être dans les statistiques, tu es classé parmi ceux qui ne veulent pas être classés. Moi, j’ai un IPAD, je suis classé dans les 25 millions qui ont un IPAD. Si je me le fais voler, je serai classé parmi les 450 cons qui se trimbalent dans le métro avec un IPAD.

 

Ça me rappelle l’histoire qui est arrivée à mon copain Jason. Il se promenait dans la rue. Un mec l’accoste et lui dit : « Tu as vu un policier dans le coin ? » Jason répond : « Non ! » Alors le mec : « Donne-moi ton portable ! » Et il se barre avec !

 

Statistiquement, ça fait deux minutes que je parle. Et je commence à avoir soif ! Non, statistiquement j’en ai plus ras-le-cul que je ne suis assoiffé !

 

Et puis, statistiquement je suis classé parmi les 100 % de mecs qui n’ont pas envie de mourir cette semaine !



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