La psychanalyste

Dans mon roman, il y a une psychanalyste (Bernadette G.).

 

LA PSY :En tant que psychanalyste, je m'élève fortement contre la pratique des blogs. Un individu qui s'adonne à ses compulsions névrotiques ne cherche pas son Moi ; il reste au ras des vagues, ne va jamais dans les profondeurs.

LE MARI : J'ai mangé des piquillos à midi!

LA PSY : Vous voyez, vous passez sous les silence vos contradictions. Vous renoncez à explorer les tréfonds de votre âme. Ça n'a aucun de sens. Votre blog ne dit rien de vous. C'est comme si vous dansiez le tango.

LE MARI : Le tango?

LA PSY : Oui, le tango. Le tango et le blog sont identiques. Les mexicains sont inaptes au tango, donc au blog. Vous n'êtes pas mexicain. Mais qui êtes-vous ? C'est la question ! Je vous conjure d'arrêter le tango pour vous chercher !

LE MARI : Ils étaient délicieux, les péquillos.

LA PSY : Votre chapeau n'est même pas mexicain !

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Le personnage principal et sa psy



La scène se déroule dans un magasin IKEA.

 

Ma psy : Je veux acheter un divan !

Vendeur : Un canapé ?

Ma psy : Non, je veux un divan. Le canapé c’est bon pour regarder la télé. Je ne regarde pas la télé, je suis psychanalyste.

Vendeur : Nous avons un canapé trois places, blanc éclatant, en cuir résistant et facile à entretenir.

Ma psy : Un divan ! Je veux un divan !

Vendeur : Et le Stockholm ! Un trois places en beige éclatant, en cuir lourd qui s'embellit en vieillissant.

Ma psy : Quel est votre problème, mon vieux ? Vous ne pigez rien à ce que je vous demande !

Vendeur : Je suis amoureux de ma mère.

Ma psy : Et vous pensez que ça peut s’arranger si vous me refilez un canapé à la place d’un divan ?

Vendeur : Oui ! Si je vous vends un canapé, pourquoi pas un canapé deux places avec méridienne et une assise profonde et moelleuse, ma mère sera heureuse.

Ma psy : Mais pas moi !

Vendeur : Je m’en fiche, vous n’êtes pas ma mère !

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Ma psy : Freud disait que les grandes choses peuvent se manifester par des petits signes !

 

Moi : Quel genre de signe ? Un clignement d’œil ?

 

Ma psy : Lorsque votre femme vous prépare à manger, c’est qu’elle vous aime.

 

Moi : Ou qu’elle a faim !... Moi, quand je lui saute dessus, ça veut dire que je l’aime.

 

Ma psy : C’est peut-être un peu trop brutal, non ?

 

Moi : Je ne mets pas les pieds en avant !

 

Ma psy : Vous devriez lui faire plus de signes. Et être plus attentionné, plus bienveillant, plus charmeur simplement.

 

Moi : Mou ?

 

Ma psy : Aimer, ce n’est pas être mou !

 

Moi : Mes parents s’aimaient beaucoup, ils étaient spongieux. Mais je ne veux pas être dur, je suis pitoyable en boxe…

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MA PSY : Vous devez expurger les mauvaises pensées de votre conscience !

 

MOI : Qu'est-ce qu'il va me rester ? Par exemple, je pense à la mort. Mais si j'arrête d'y penser, je ne saurais plus comment m'y prendre avec elle. Je me prépare à ma disparation. Je m'y prépare assez mal, il manque des éléments. Mais je m'y prépare quand même. Ce n'est pas totalement négatif. Enfin, pas tout le temps. Parfois, je vois ma mort comme un truc très hollywoodien. Il y a des danseuses nues et des palmiers. C'est très sympathique. Mais le plus souvent, je vois ça comme une espèce de cataclysme. Avec du feu, des crabes géants et des docteurs eugénistes. Et il n'y a pas que la mort ! Les amants de ma femme ! Il y a trois ou quatre placards, et dans chacun d'eux il y a un amant de ma femme. Dans la vraie vie, ma femme n'a pas d'amant. Et des placards, on en manque à la maison. Ce n'est pas le problème. Je vois des amants, c'est comme ça. Tous les hommes imaginent que leurs femmes ont des amants. Pas Gros Nul évidement. Lui, il se considère comme un amant. Et il y a aussi la fin du monde, la fermeture de Wall Street, le cancer, la crise cardiaque, la criminalité, la gangrène, le massacre des éléphants, les films sans Scarlett Johansson... Les mauvaises pensées, oui. Mais à quoi on pense si on ne pense pas que tout va mal ?

 

MA PSY : L'amour !

 

MOI : L'amour, c'est formidable, mais on peut mourir en faisant l'amour !

 

MA PSY : C'est rare !

 

MA PSY : Mais pas beaucoup plus rare que l'amour !



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